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PK Sen Bhaban : Un joyau oublié de l'histoire de Chittagong

Chittagong, une ville imprégnée d'histoire, est un véritable trésor de patrimoine culturel et architectural. Parmi ses monuments les plus emblématiques figure le PK Sen Bhaban, également connu sous le nom de « Sat-tala Bhaban » ou « Bâtiment des Sept Étages », situé dans l'animé quartier de Sadarghat. Ma visite de cette remarquable structure en 2016, rendue possible grâce au programme de résidence URONTO, m'a ouvert les yeux sur la richesse historique de ma ville natale. Si la beauté du bâtiment m'a captivé, son état d'abandon m'a rappelé avec émotion la nécessité de préserver notre patrimoine.

Un aperçu du PK Sen Bhaban

Construit dans les années 1920 par le zamindar Prasanna Kumar Sen, le PK Sen Bhaban témoigne de l'héritage architectural de Chittagong. Le design unique du bâtiment associe des éléments des temples hindous du sous-continent, des motifs islamiques et des influences de l'architecture gothique européenne. Bien qu'il ne compte que quatre étages, le dôme et les hauts minarets créent l'illusion de sept niveaux, faisant de lui l'une des structures les plus élevées de Chittagong à l'époque britannique.

Le bâtiment est doté de larges fenêtres, de ventilateurs géométriques et de formes hexagonales rares dans l'architecture traditionnelle d'Asie du Sud. Il abrite plus de 40 pièces et comprend deux grands escaliers, ajoutant encore à son charme. PK Sen, négociant en riz et en huile à l'âme généreuse, avait imaginé ce chef-d'œuvre architectural pour refléter son rang et sa réussite.

L'expérience de la résidence URONTO

En 2016, l'équipe URONTO a sélectionné le PK Sen Bhaban pour sa cinquième saison d'exploration artistique. Cette initiative a réuni des artistes nationaux et internationaux qui ont réimaginé l'essence du bâtiment à travers diverses expressions créatives. Les artistes participants venaient notamment d'Inde, du Brésil, de Hong Kong et du Bangladesh, ainsi que des étudiants de l'Institut des Beaux-Arts de Chittagong.

Ce qui rendait cette résidence particulièrement unique, c'est que le bâtiment n'était pas abandonné. Il abritait encore des locataires, dont des membres de la famille Ghosh, les propriétaires actuels du bâtiment. Cet environnement dynamique offrait aux artistes une occasion extraordinaire de s'engager directement avec l'histoire vivante du lieu.

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L'héritage du PK Sen Bhaban

Au-delà de sa brillance architecturale, le PK Sen Bhaban est un témoin silencieux de l'histoire en constante évolution de Chittagong. Lors de la Partition de 1947, PK Sen vendit le bâtiment à Sadananda Ghosh, et les années suivantes virent la structure traverser des épreuves considérables, notamment des dommages subis lors de la Guerre de Libération de 1971. La guerre laissa le bâtiment meurtri, avec des fenêtres brisées, des biens pillés et une perte tragique pour la famille Ghosh.

Malgré ces adversités, le bâtiment continue de se dresser — symbole de résilience. Sa riche histoire est cependant éclipsée par des décennies de négligence. Le plâtre qui s'effrite, les escaliers brisés et le manque d'entretien menacent sa survie.

Défis de la préservation

Les efforts pour préserver le PK Sen Bhaban ont été sporadiques et largement inefficaces. Bien que l'Autorité de développement de Chattogram reconnaisse la valeur culturelle du bâtiment, les obstacles bureaucratiques et les contraintes financières ont bloqué toute mesure concrète en faveur de sa restauration. Les propriétaires actuels, frustrés par le manque de soutien, ont même envisagé de démolir la structure pour laisser place à de nouveaux aménagements.

L'urbaniste Zarina Hossain et l'architecte Huda Mohammed Faisal ont mis en lumière la rareté architecturale du PK Sen Bhaban. Leur plaidoyer souligne la nécessité d'agir immédiatement pour éviter la perte de ce site patrimonial irremplaçable.

Un appel à l'action

La négligence dont souffre le PK Sen Bhaban reflète un problème plus large : la sous-estimation des bâtiments patrimoniaux au Bangladesh. Ces structures ne sont pas de simples reliques du passé ; elles constituent des liens vivants avec notre histoire et notre identité. À l'instar du Bâtiment de l'Assemblée nationale du Bangladesh, de tels monuments définissent l'identité culturelle d'une nation. En parcourant les escaliers entrecroisés et en contemplant les motifs complexes, j'ai ressenti à la fois fierté et tristesse. Fierté pour l'héritage de ma ville, et tristesse face au risque de le perdre à jamais.

Le gouvernement, les autorités locales et les organisations patrimoniales doivent collaborer pour restaurer et préserver le PK Sen Bhaban. Des campagnes de sensibilisation du public, des subventions pour la restauration et l'intégration dans le tourisme patrimonial pourraient insuffler une nouvelle vie à ce joyau architectural. Des initiatives comme la résidence URONTO jouent un rôle essentiel en réintroduisant ces espaces auprès du public, nous rappelant leur valeur culturelle et artistique.

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Conclusion

Ma visite au PK Sen Bhaban a été une expérience transformatrice. Elle a approfondi mon appréciation du patrimoine de Chittagong et renforcé l'urgence de le préserver pour les générations futures. Ce lien entre architecture et identité nourrit également mon exploration matérielle et architecturale à travers l'art. La grandeur du PK Sen Bhaban a peut-être pâli avec le temps, mais son esprit demeure. Il est le symbole de la résilience et de la créativité de notre ville — un héritage qui mérite d'être protégé.

Par un effort collectif et un sens renouvelé des responsabilités, nous pouvons veiller à ce que des édifices comme le PK Sen Bhaban restent debout, non pas comme des ruines du passé, mais comme de fiers monuments à notre histoire commune.